Les expositions

Printemps 2021

NATHALIE MAHIU

Ce qui arrive et ce qu’on attend Un itinéraire en peinture


Née en 1960, à Paris, Nathalie Mahiu travaille et vit aujourd’hui en Normandie.
Après ses études aux Arts décoratifs (ENSAD) de Paris elle travaille pendant sept ans comme dessinatrice dans la publicité. En 1987, elle obtient la médaille d’or de l’Institut Supérieur de Peinture Van der Kelen de Bruxelles, temple du trompe-l’oeil de renommée internationale, qui achève de faire d’elle une des meilleures professionnelles du moment.

Elle travaille comme peintre-décorateur pour une clientèle de prestige.
Appartements parisiens, demeures et châteaux acquièrent ou retrouvent sous son pinceau un éclat nouveau. Avec le temps, les expériences se multiplient : dessin, peinture murale, modelage, restauration de tableaux… Jusqu’à un nouveau départ.

En 2016, après tant d’années à avoir mis son talent au service des autres, Nathalie Mahiu aborde enfin la « Peinture». Celle qui sort de soi, celle qui vous traverse, celle qui vous appelle. Comme si, d’un coup, l’artiste en elle bousculait la virtuose. Comme si, enfin, elle prenait la parole pour son propre compte. Des toiles de moyen format naissent aussitôt d’une palette de bleus éteints, de gris, de vert d’eau.

D’autres évoquent des solitudes grises comme sorties de films
mythiques. Acrylique, huile, encaustique… Toutes les techniques sont bonnes.
« J’ai commencé au couteau pour m’affranchir du trait et me libérer du réalisme dans lequel le dessin me
confinait », analyse Nathalie Mahiu. La cire est une matière formidable. Travaillée par la chaleur, elle est difficilement contrôlable. Cela m’ouvre des horizons, apporte des réponses, m’oblige à aller ailleurs dans un processus d’interaction parfois surprenant. L’encaustique chauffée me « parle », m’invite à des voyages inattendus. »

Emportée dans une démarche totalement inverse à celle qu’elle a toujours pratiquée dans la décoration, la peintre est bien obligée de lâcher prise. Et s’adapte. Travaille sur toile, mais aussi sur bois, sur carton, sur photo. « Rien de conceptuel dans ce travail », dit-elle. Seulement l’excitation de la recherche, la curiosité d’avancer sans but, et l’attente de ce qui viendra.
En 2018, Nathalie Mahiu a exposé à la Chapelle du Collège de la Ville d’Eu et à l’Espace de la Mer de Pourville, en 2019 à la Chapelle des Pénitents à Veules-les-Roses, au Château d’Argoeuves (près d’Amiens) à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, au 11e Salon Automnal de la Création Artistique de Rouxmesnil-Bouteilles du 16 au 24 novembre et en 2020, du 11 au 16 février, au Salon Comparaisons au Grand Palais à Paris.
Laurence Liban

 

JEAN LOISEL

LE VOLEUR DE VENT
Après cinq années d’études à l’école d’Art du Havre (ESADHAR) / et ma spécialisation dans la scénographie et le volume / je me suis consacré à l’illustration et à l’apprentissage du dessin.
De là aboutit une série de travaux – recherche de bestiaire, de paysages et d’écriture – que j’archive afin de projeter un environnement qui deviendrait réutilisable et duplicable dans mes autres projets.

Dans cette gravure, exposée aujourd’hui à MEDISCIE, il y a la volonté de traduire un récit en cours d’écriture, de faire un travail de recherche plastique et ainsi faire avancer la narration.
A travers plusieurs textes, j’ai eu la volonté d’écrire une mythologie, d’utiliser des symboles et des histoires qui pourraient être les fondements d’une société, d’un langage et de codes.
Le voleur de vent est un conte qui n’est pas encore abouti, mais qui s’inscrira dans ce recueil de mythologie.

DOMINIQUE GONG

Installé à Fécamp, Dominique Gong est artiste-plasticien diplômé de l’EsadHaR, le Havre-Rouen. Né de parents d’origine chinoise rencontrés en France, Dominique manipule des cultures dont il aime en associer les formes, en remanier les couleurs, additionner ou en soustraire les attributs.
Polyvalent, il emploie la broderie comme peinture, la coulée de plâtre comme dessin, le jardinage comme application de couleur, Dominique ausculte des savoir-faire et élabore des passerelles entre eux ; multiplier ses médiums lui permet de se donner le choix.
Le Yi-Jing : livre de sagesse, méthode de divination chinoise basé sur le hasard, ou encore aide à la décision, devient guide et méthode de travail pour sa réflexion sur les oiseaux. « Protection provenant du ciel. Signe d’aide du ciel » tels sont désignés les pigeons par l’oracle.
Ces quelques mots donnés par la prophétie ont révélé ces volatiles et les mythes et légendes venant du monde entier. Au départ nuisibles et salissants, les pigeons sont devenus sacrés et bienveillants.
Le Yi-Jing lui permet alors d’écrire sa mythologie personnelle.

La situation peut paraitre mystérieuse : trois petits carlins aux yeux globuleux, écarquillés et réfléchissant la lumière se fixent mutuellement et semblent se concerter. Tels trois moires ou trois grâces réunies. Je n’ai aucune affinité avec cette race de chien, mais j’ai trouvé que leur « visage » se composait presque de la même manière que celui d’un humain. Tout est presque sur le même plan.

Les petits chiens ont été produits par les Hommes. Sélectionnés, assemblés, modifiés, manipulés, adaptés – l’influence des Hommes sur ces animaux a été très grande. Domestiqués, les chiens se sont mis à repérer et à interpréter les comportements humains pour pouvoir nous répondre. Certainement savent-ils nous « lire » plus que nous le pensons.
Que font-ils alors de ces connaissances ? Les partagent-ils avec les oiseaux ? – Ces volatiles connectés au monde du Cie.

Telle est la division/ distinction effectuée par la civilisation Chinoise.
Représentés par des segments, c’est sur ce « cryptage » de notre monde que ce base l’écriture du YiJing – qui est à l’origine un traité sur la divination âgé de plus de 2000 ans.
Elle a à ses tout début servi à prédire les changements climatiques pour l’agriculture. L’étude et la pratique su YiJing s’est ensuite étendue dans l’aide à la prise de décisions dans le domaine politique puis personnel. Ces connaissances mystérieuses ont aidé les Hommes à se situer dans le monde et dans le temps.
Sur la surface de ce socle poussent des éléments végétaux : épines de pin cousus, branches d’osier et tiges diverses tissés. Ces derniers sont fixés en transperçant le plan, en se faufilant entre les mailles pour s’élever à la surface et pointer le ciel ; tandis que d’autres évoluent en dessus.
Beaucoup de choses échappent encore de notre vision.